Couverture de LOVE Darkmind : tome 1 (romance suspense mafia, slow burn, amour interdit)

Extrait

LOVE Darkmind : tome 1 (romance suspense mafia, slow burn, amour interdit)

🖤 Chapitre 6 - Fany

Je savais que Janelle était déçue que je me sois séparée de Stan.

Quatre ans auparavant, lorsqu’il m’avait déclaré ses sentiments, j’étais sortie avec lui. Ma meilleure amie avait alors idéalisé notre couple, et projetait dans un futur proche que l’on fonde une famille avec des enfants.

J’avais beau lui expliquer que je ne voyais pas l’avenir de cette façon, elle s’entêtait dans ce conte de princesse.

— Tu es trop difficile avec les garçons ! renchérit Janelle, me sortant de mes pensées. Même avec Yohan, tu as arrêté. 

Les palpitations de mon cœur s’accélèrent, me ramenant à de douloureux souvenirs. À cette période-là, Stan fréquentait une jeune femme, Stella. J’avais cru que cette relation l’éloignerait de moi, qu’il n’aurait plus de sentiments. Mais je m’étais trompée sur toute la ligne. De mon côté, j’avais voulu me prouver que j’étais capable de sortir avec un autre homme : ce fut un véritable fiasco.

Je triturai nerveusement ma bague et lui indiquai, sur la défensive :

— Tu me parles encore de cette histoire alors que c’était il y a plus d’un an ! OK, j’étais attirée par lui, mais au bout de quelques semaines, il n’y avait plus aucune alchimie. On est restés amis, et c’est très bien comme ça. 

— T’exagères… rétorqua-t-elle d’une manière théâtrale, comme si je venais de partager une énormité. En tout cas je l’ai eu au téléphone mardi dernier. Tout se passe bien pour lui, apparemment il a carburé sur l’épreuve écrite de cet automne : 16 sur 20 !

Yohan était dans notre promo pendant nos deux premières années d’études à Kingstone, puis avait déménagé lorsque sa mère avait été mutée dans une autre région.

Il avait pu malgré tout continuer le cursus sans difficulté, comme notre université avait plusieurs antennes dans le pays.  

— Il me racontait qu’il y a des rumeurs dans les centres d’examen… Le nôtre serait plus compliqué, avec celui situé dans le nord. Le sien est plus accessible…

— Arrête avec ces histoires… Tu sais très bien que c’est mot pour mot les mêmes épreuves, quel que soit l’endroit. Dans le recueil qu’on a reçu, chaque année c’est un sujet commun. Ça évite justement d’avantager certains élèves en fonction de leur secteur.

— Ou alors il me disait cela pour qu’on vienne le passer là-bas avec lui, me glissa-t-elle avec un sourire en coin. D’ailleurs il m’a demandé de tes nouvelles !

— Hum, OK, soufflai-je, désabusée.

— Quel enthousiasme…

— Tu sais que je n’ai pas envie de le revoir. La distance a bien fait les choses. 

Janelle était du genre à prendre parti sur mes problématiques de cœur, surtout après s’être mise en couple avec un certain Raph’. Au départ, lorsqu’elle me l’avait présenté, je pensais que ce n’était encore qu’une simple conquête d’un soir, mais finalement leur relation perdurait depuis presque un an.

— Tu as toujours une excuse… J’ai l’impression que tu t’empêches de tomber amoureuse juste parce que tu as décidé de rester vierge jusqu’au mariage.

Cette phrase résonna comme une bombe à l’intérieur de moi. Je me levai du canapé, chancelante, et la fusillai du regard. Je détestais qu’elle aborde ce sujet, cela me renvoyait de plein fouet mon sombre secret. Celui que je tentais d’enfouir au plus profond de moi. Janelle avait beau être ma meilleure amie, je ne pouvais pas lui expliquer les raisons qui m’avaient poussée à faire ce choix.

Nos idées sur la question étaient diamétralement opposées. Elle avait eu son premier rapport à l’âge de 17 ans avec un garçon qu’elle connaissait à peine, juste pour découvrir la sexualité. Tout l’inverse de moi : je désirais offrir ma virginité à un homme que j’aimerais véritablement. Nos sentiments seraient si forts que ma première fois deviendrait un moment précieux et unique.

Impossible de l’envisager avec un simple crush.

Janelle avait toujours respecté mon côté romantique et fleur bleue. En revanche, ce qu’elle ne comprenait absolument pas, c’est qu’à mes 18 ans j’avais subitement ajouté la condition du mariage. Elle avait bien cerné que cette clause ne collait pas à ma façon d’être et mes valeurs. Malgré tout, je continuais à m’enfoncer dans le mensonge pour maintenir cette affirmation bancale.

Mon amie se leva à son tour pour me rejoindre. Elle se mordit la lèvre, confuse.

— Excuse-moi, je n’aurais pas dû dire ça… Mais c’est que j’aimerais tellement te voir heureuse avec quelqu’un…

Je ravalai mes larmes de colère et expirai lentement l’air de mes poumons pour retrouver mon calme. Elle ne pouvait pas savoir que j’avais pris cet engagement moral pour me sortir d’une situation inextricable. Celle qui m’enlisait depuis ma majorité et me consumait à petit feu.

Janelle me saisit la main avec douceur, un voile de tristesse dans son regard.

— C’est bon, n’en parlons plus, lui soufflai-je, la gorge nouée. C’est juste que je n’ai toujours pas rencontré le prince charmant… Ça viendra, rassure-toi !

Un sourire timide s’empara de ses lèvres et elle serra sa paume contre la mienne. Sa gentillesse me fit tergiverser. Il faudrait un jour que je réussisse à lui révéler mon secret, qu’elle soit au courant de ce qui m’arrivait. Mais je ne me sentais pas encore prête pour cela, je repoussais sans cesse cette échéance.

— OK, allez, on doit réviser notre cours sur l’économétrie, je te rappelle ! me claironna-t-elle en tentant de reprendre un air enjoué.

J’acquiesçai en silence, en la remerciant intérieurement pour sa diversion. Elle me connaissait par cœur : si nous continuions cette discussion, j’allais me refermer comme une huître et notre après-midi serait gâché.