Couverture de Les Veilleurs de Pan Terra 1: comment des mollets m'ont fait craquer

Extrait

Les Veilleurs de Pan Terra 1: comment des mollets m'ont fait craquer

Il s’arrêta net et releva la tête pour aviser quelque chose derrière moi. Je frissonnai en me sentant prise entre deux dangers soudains.

— Je t’ai déjà dit de dégager, Barth, gronda la voix que j’identifiai pour l’avoir entendue très récemment sur un ton un peu plus doux quand son propriétaire s’était adressé à moi, ce qui était assez ironique pour le coup.

Il pouvait faire pire ! Cela me mit de nouveau tous les poils au garde-à-vous, ces traîtres ! J’en fermai les yeux d’extase schizophrénique. Une partie de moi commençait à aimer le petit frisson du danger. Découvrais-je mon côté masochiste ? Est-ce que j’aimais être malmenée… ? Cette idée me déplut à l’instant où elle passa dans mon cerveau.

— Je n’ai pas trouvé de bateau de retour et cette fille occupe mon bungalow.

Il me pointait du doigt presque à hauteur de nez, je soufflai dessus pour tâcher de l’éloigner et reculai ma tête instinctivement, heurtant l’autre torse derrière moi.

— Pardon ! Quoi ? Mais non ! Il était libre quand je l’ai réservé, tentai-je de me défendre.

— C’était une erreur, visiblement ! cracha-t-il.

Il semblait sûr de lui et je craignis que mes vacances salutaires soient raccourcies.

— Pas d’erreur, non, affirma le gars derrière moi. Tu n’as rien à faire là, Barth. Pour la dernière fois, dégage !

Ils se rapprochèrent l’un de l’autre. Je me sentis d’un coup l’âme d’une mortadelle dans un sandwich. Deux mains solidement chaudes me saisirent les épaules pour me décaler sur le côté.

— Allez commencer votre journée, je m’occupe de cet incident, me lâcha-t-il, dans le genre pas aimable.

— Incident ? Emrys, sérieux ?

J’observais la scène, interdite, telle la statue de sel ne clignant que des yeux, quand le regard bleu hypnotique se tourna vers moi :

— Allez donc faire la touriste, il y a des boutiques au village, plein d’activités sportives sur la plage ou ailleurs, mais maintenant !

Le discours semblait s’adresser à quelqu’un de limité mentalement et son dernier mot claqua mon réveil.

— Bon, bin, salut… bonne nuit !

Je fis volte-face pour rentrer dormir. Je n’avais plus de jus pour régler ce genre de chose. J’entendis monsieur Bougon dire un « bonne nuit » interloqué, puis reprendre la conversation avec le fameux Barth dans le dialecte local.

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