
Chapitre 1 Les mots, une arme moderne
Aimez-vous jouer au « Scrabble » ?
Jouer avec les mots, avec notre langue, et même celles qui sont étrangères ?
Savez-vous que, de nos jours, l’utilisation des mots dans toutes les langues est devenue une arme ? Un moyen de tromper, de « bluffer », de laisser croire ou paraître. Nous le voyons avec l’exemple le plus flagrant de dictateur mensonger : le président de la Russie, Vladimir Poutine. Il y a eu, plusieurs fois, même avec des interprètes officiels parmi les plus compétents, des erreurs commises dans les traductions. Elles ne sont pas toujours accidentelles. Dans toutes les langues, nous obtenons des définitions différentes selon le contexte. Certains jouent avec l’argot ou un langage local particulier.
C’est une bonne excuse pour se justifier auprès des étrangers, laissant croire que les traducteurs se sont trompés ou ont mal interprété.
De tout temps, des usages de mots ou d’expressions ont fait leur apparition parce qu’employés par des auteurs célèbres. Des mots, probablement peu utilisés ou employés dans un contexte différent, revivent parfois avec des nuances recréées par des auteurs à travers des expressions transcrites dans leurs livres. Mais ils ressurgissent aussi à travers des discours politiques, des déclarations officielles, des articles de journaux, etc. En effet, la langue est vivante c’est-à-dire qu’elle évolue. Prenons pour exemple le mot « pandémie ». Peu de monde utilisait, ou même connaissait, ce mot français jusqu’au jour où l’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclara, le 11 mars 2020, que « la Covid-19 pouvait être qualifiée de pandémie », ajoutant qu’il s’agissait de la première causée par un coronavirus. Et voilà que, partout dans la presse et sur internet, ce mot s’est imposé comme remplaçant « d’épidémie ». La nuance étant qu’une épidémie est plus localisée, alors qu’une pandémie bien que synonyme indique une propagation mondiale.
Lorsque vous jouez au Scrabble, il vous faut pouvoir profiter d’un placement dans une case où le mot compte triple (au centre du jeu), ou à d’autres endroits « double ». Il faut aussi placer des lettres plus rares, comme le « z » ou le « w », plus difficiles à croiser avec le mot de son partenaire, mais qui rapportent davantage de points. C’est, de toute évidence, une très belle méthode pour étudier une langue étrangère comme l’anglais. Mais ces mots usuels ne sont validés dans le jeu qu’en cas de contestation, par leur existence dans le dictionnaire. Plus votre connaissance du vocabulaire est riche, plus vous pouvez en jouant astucieusement avoir la chance de gagner. Le « Scrabble » est un jeu passionnant et utile dans l’évolution scolaire des enfants. La lecture, et ce jeu, peuvent les faire progresser étonnamment dans leur façon de s’exprimer. La lecture est une alternative précieuse pour ceux dont le niveau scolaire est faible. Celui qui aime lire, et varier ses lectures, saura compenser son manque de scolarisation d’une manière notable. Il va de soi que cela ne relève pas le niveau en mathématiques ou en chimie quoique tout dépend de qui lit quoi. Savoir écrire, parler, discourir est un avantage considérable et les politiciens le savent bien lorsqu’ils doivent convaincre le peuple, dont beaucoup n’ont pas un niveau culturel suffisant pour comprendre parfaitement le sens, souvent complexe et imprécis, destiné à « monsieur tout le monde ».
Le plus célèbre expert français en la matière fut le Général de Gaulle. Il savait hypnotiser, subjuguer le monde par sa façon tout à fait savante, citative et personnelle de s’exprimer, usant d’un ton dans la voix à la fois solennel et résonnant, ponctué de gestes amples du corps comme de la tête qui semblaient prolonger chaque mot dans l’espace. Penché sur son pupitre, parfois presque couché, il lançait ses phrases comme des appels à l’histoire, le regard levé, la nuque tendue, et la voix scandée, inimitable :
« Paris occupée, Paris martyrisée, Paris humiliée… mais PA-RIS LI-bé-RÉE ! »
Il savait s’imposer avec autorité, sans jamais choisir un mot plutôt qu’un autre