
Extrait
Chocolat et Flocons (choc au lait, choc au lit) (Les Vahlgaronne)
— Merci, Betty, de ton aide. Tu crois que je peux le laisser ?
— Oh, oui, on s’en occupe. Et tu as vu qui est revenue au pays ?
— Non.
Elle fait un geste de la tête vers la femme qui a provoqué l’accident. Je l’observe plus précisément, mais c’est difficile tellement elle est emmitouflée. Son bonnet est bien enfoncé et son écharpe lui mange une partie du visage. Une petite bourrasque froide nous fait tous réagir. Chez elle, cela laisse échapper une mèche de cheveux d’une drôle de couleur : blanc, mais un peu roux. En regardant mieux, je vois qu’on est d’âge. Elle dégage un peu son visage pour inspirer une goulée d’air. Elle semble en état de choc, mais je ne vaux pas mieux quand je la reconnais : Sophie ! Une tripotée d’images du passé défilent dans ma tête et ce que je me suis escrimé à mettre derrière et oublier, me saute à la figure.
— Eh bien, je vois que t’es toujours à fond ! constate Betty en me frappant l’épaule comme entre vieux potes.
Mon corps est gourd et je me laisse mouvoir par la « légère marque d'affection » de Betty.
— Je ne vois pas de quoi tu parles !
— Mouais, à d’autres ! Allez, on amène le gosse et je te tiens au jus… Eh, Jérôme ?
— Quoi ?
— Fais attention à toi !
Je ne vois absolument pas de quoi elle parle. Je ne les entends même pas partir. Je reste là, les bras ballants, face à Sophie qui répond aux gendarmes.