Tirer le maximum de votre page auteur : le guide
Votre page auteur travaille déjà pour vous. Voici comment lui envoyer les lecteurs que vous avez déjà : ceux d'Instagram, ceux qui ont fini votre roman, ceux croisés en dédicace. Six endroits, deux minutes chacun.

Il y a ce moment un peu étrange, quand on vient de terminer sa page auteur. Tout est là : la bio qu'on a réécrite trois fois, les couvertures, les liens. On regarde le résultat, on se dit que c'est propre.
Et puis... rien de spécial ne se passe.
C'est normal, et ce n'est pas de votre faute. Une page auteur, ça ne fonctionne pas comme une publication sur les réseaux, où l'on poste et où quelque chose se déclenche dans la foulée. Une page, c'est une adresse. Elle est là, elle vous attend, elle travaille pour vous en silence. Mais quelqu'un doit vous y conduire.
C'est exactement ce dont on va parler ici. Pas de théorie, pas de plan marketing. Des endroits précis où poser votre lien, ce qu'il faut écrire à côté pour donner envie de cliquer, et le bon moment pour le faire. La plupart de ces gestes prennent deux minutes et ne se font qu'une seule fois. Vous les mettez en place une fois, et ils continuent de travailler dans six mois.
Et à chaque fois, on vous expliquera pourquoi ça marche. Parce qu'un conseil qu'on applique sans comprendre, on l'applique une fois, puis on l'oublie.
D'où viennent les gens qui atterrissent sur votre page
Il y a deux façons d'arriver sur votre page auteur. Elles n'ont rien à voir l'une avec l'autre, et il vaut la peine de les distinguer, parce que vous n'avez la main que sur une seule des deux.
Le premier chemin ne vous demande rien
Pendant que vous écrivez, votre page continue de travailler. Un lecteur descend sur l'accueil dealbooks, cherche un thriller à deux euros, et tombe sur votre couverture. Il ne vous cherchait pas. Il vous trouve quand même. Il clique sur votre nom, il lit votre bio, parfois votre extrait.
Un autre tape votre nom dans Google parce qu'un ami lui a parlé de vous, et atterrit sur votre page.
Ça se produit sans vous, pendant que vous faites autre chose. C'est notre travail : entre les grilles de promos, on met délibérément en avant des auteurs, des livres et des extraits, pour que la visite ne s'arrête pas au bon plan du jour. Ça tourne en continu et ça ne vous coûte rien.
Le second chemin, c'est vous
Ce sont les gens qui vous connaissent déjà. Vos abonnés Instagram. Le lecteur qui a refermé votre roman à deux heures du matin et qui s'est demandé si vous en aviez écrit d'autres. La personne à qui vous avez dédicacé un exemplaire au salon du mois dernier, et qui a rangé le livre dans un sac. Celle qui vous laisse un commentaire à chaque publication.
Ces gens existent déjà. Ils vous apprécient déjà. Le problème, c'est qu'ils sont éparpillés : un peu sur Facebook, un peu dans vos contacts, un peu dans une pile de marque-pages au fond d'un tiroir. Ils ne forment pas un public. Ils forment une poussière de bonnes volontés sans adresse où se retrouver.
Ce chemin-là, vous le contrôlez de bout en bout. C'est le seul dont vous pouvez faire bouger le curseur vous-même, et c'est de celui-là qu'on va parler pendant tout le reste de cet article.
« Et si je n'ai encore personne ? »
C'est le cas de beaucoup d'auteurs, surtout au premier ou au deuxième livre. Et ça ne change rien à ce qui suit.
Vous avez sans doute moins de monde que vous ne croyez, mais nettement plus que zéro : les quelques personnes qui commentent vos publications, celles qui ont acheté votre livre et vous l'ont dit, votre entourage qui vous lit vraiment.
Dix personnes, ça paraît ridicule. Ça ne l'est pas. Dix lecteurs qui savent où vous retrouver et qui sont prévenus à chaque sortie valent mieux que mille abonnés qui ne verront jamais votre prochaine publication. Et c'est là que beaucoup d'auteurs perdent du terrain sans s'en rendre compte : ils attendent d'avoir une audience pour s'organiser, alors que c'est en s'organisant tôt qu'on garde les gens à mesure qu'ils arrivent.
Tout ce qui suit fonctionne à n'importe quelle taille. La seule différence, c'est le temps que ça met.
Un abonné, ce n'est pas un chiffre
Prenons votre dernière publication sur les réseaux. Celle où vous annonciez une sortie, ou une promo. Vous l'avez écrite, relue, vous avez choisi le visuel. Elle a peut-être bien marché.
Où est-elle maintenant ?
Nulle part. Trois heures dans un fil, puis engloutie. Et le mois prochain, pour annoncer la suite, vous recommencerez de zéro : réécrire, republier, espérer que l'algorithme veuille bien vous montrer aux gens qui vous suivent déjà. C'est un impôt que vous payez à chaque fois.
Un abonné sur votre page dealbooks, c'est l'inverse de ça. Quelqu'un qui s'abonne à vous vous laisse une porte ouverte. Et cette porte, elle sert bien plus souvent que vous ne l'imaginez.
- Vous mettez un livre en promotion ? Vos abonnés reçoivent un mail.
- Vous ajoutez un nouveau titre à votre catalogue ? Ils reçoivent un mail.
- Vous publiez un extrait ? Ils reçoivent un mail.
- Vous postez une actualité : un salon, une couverture dévoilée, la fin d'un tome ? Ils reçoivent un mail.
Quatre raisons de reprendre contact, sans jamais rédiger de newsletter, sans rien payer, sans espérer qu'un algorithme veuille bien vous montrer. Vous faites votre travail d'auteur sur votre page, et le message part tout seul.
Regardez ce que ça change dans le temps. Un lecteur vous découvre aujourd'hui grâce à une promo. Il s'abonne. Six mois plus tard, vous ajoutez le tome 2 : il est prévenu. Vous publiez l'extrait du premier chapitre : il est prévenu. Il ne vous a pas oublié, parce qu'on ne l'a pas laissé vous oublier. Et ça restera vrai dans deux ans, pour un livre que vous n'avez pas encore écrit.
Comparez avec ce que vous avez ailleurs. Un like sur Facebook, c'est un applaudissement dans une salle qui se vide. Un acheteur sur Amazon, c'est encore plus frustrant : quelqu'un a aimé votre livre au point de le payer, et vous ne saurez jamais qui c'est. Vous ne pourrez jamais lui dire que la suite est sortie. Amazon connaît vos lecteurs. Vous, non.
Mais on ne s'abonne pas à un inconnu
Voilà le point qui change tout, et c'est vrai partout, pas seulement ici.
Suivre un auteur, c'est un petit engagement. Ça veut dire « je veux savoir ce que cette personne publiera ensuite ». Personne ne prend cet engagement pour quelqu'un qu'il découvre à l'instant, entre deux promos, sur une page qu'il n'a pas cherchée. Il achètera peut-être votre livre, et c'est déjà très bien. Mais il ne s'abonnera pas. Pas encore.
Ceux qui s'abonnent, ce sont ceux qui ont déjà une raison de le faire. Ils ont lu un de vos livres. Ils vous suivent ailleurs. Ils vous ont serré la main dans un salon.
Ce qui veut dire une chose très simple, et plutôt encourageante : vos futurs abonnés ne sont pas des inconnus à conquérir. Ce sont des gens qui vous apprécient déjà, et qui ne savent simplement pas que cette page existe.
Le reste de ce guide sert à le leur faire savoir.
« Pourquoi je n'enverrais pas directement vers Amazon ? »
C'est la question qu'il faut se poser avant de commencer, et la réponse honnête commence par une concession : oui, ça fait un clic de plus. Un lecteur qui atterrit sur votre page devra encore cliquer pour acheter. Si votre seul objectif est de déclencher l'achat dans la minute, le lien Amazon direct reste imbattable.
Sauf que ce n'est pas ce que vous faites. Un auteur ne vend pas un exemplaire à l'unité : il construit un lectorat sur dix ans. Et pour ça, la page change cinq choses.
Un seul lien, pour tout
Vous avez quatre livres ? Vous aviez quatre liens. Vous en publiez un cinquième, il faut penser à mettre à jour votre bio Instagram, votre signature, la fin de vos ebooks. Personne ne le fait. Avec votre page, vous avez un lien unique, et le cinquième livre y apparaît tout seul le jour où vous l'ajoutez. Vos abonnés, eux, sont prévenus dans la foulée.
Il ne périme jamais
Un lien vers une promo, c'est un lien qui meurt dans quinze jours. Combien de vos anciens posts pointent aujourd'hui vers une offre terminée ? Votre page auteur, elle, sera toujours à jour, y compris dans les publications que vous avez écrites l'an dernier.
On peut vous suivre
C'est la différence qui compte le plus. Sur une fiche produit, un lecteur enthousiaste ne peut rien faire de son enthousiasme : il achète, il referme, il vous perd. Sur votre page, il clique sur « Suivre », et vous le retrouvez à votre prochain livre, sans avoir rien à faire pour ça.
On peut vous lire avant d'acheter
Votre extrait est là, juste sous vos livres. Le lecteur qui hésite entre vous et trois autres romans peut trancher en lisant votre premier chapitre, au lieu de trancher au hasard de la couverture. Et celui qui clique ensuite vers Amazon y arrive décidé.
Elle dit qui vous êtes
Une fiche produit parle d'un article en vente. Votre page parle d'une personne qui écrit. Ce n'est pas de la coquetterie : c'est ce qui transforme « j'ai bien aimé ce livre » en « j'aime bien cet auteur ». La première phrase se termine à la dernière page. La seconde vous suit sur tout le reste de votre carrière.
Voilà pour le pourquoi. Le reste de ce guide, c'est le comment : où poser ce lien, quoi écrire à côté, et comment faire pour que la page qu'on découvre au bout donne envie de rester.
Avant d'inviter du monde, regardons ce qu'ils vont trouver
On va bientôt parler d'endroits où poser votre lien. Mais avant d'envoyer qui que ce soit quelque part, autant vérifier ce qu'il y a au bout. Cette partie va vite : cinq points, et pour la plupart d'entre vous ils sont déjà réglés. Il s'agit d'affûter, pas de reconstruire.
Commencez par ce petit test
Ouvrez une fenêtre de navigation privée. C'est important : sans ça, Google vous montrera des résultats influencés par votre propre historique, et vous ne verrez pas ce qu'un inconnu voit. Tapez votre nom d'auteur. Regardez les cinq premiers résultats.
Vous allez probablement voir des fiches de vente. Un site qui propose votre livre broché avec cinq pour cent de remise en retrait magasin. Un autre qui affiche les frais de port. Un troisième qui vend votre roman d'occasion, en point relais.
Maintenant la vraie question : est-ce que l'un d'eux dit qui vous êtes ?
En général, non. Et ce n'est pas de la négligence de leur part : c'est structurel. Ces sites gèrent des centaines de milliers de références et ne peuvent pas écrire une biographie pour chaque auteur. Quand ils en affichent une, c'est qu'ils l'ont récupérée ailleurs, le plus souvent sur Wikipédia. Si personne n'a encore écrit sur vous, ils n'ont rien à recopier. Leur page reste une étiquette de prix avec votre nom dessus.
Or repensez à la personne qui vient de taper votre nom. Elle a entendu parler de vous par une amie, elle a vu passer votre couverture, quelqu'un lui a recommandé votre roman. Sa question n'est pas « combien ça coûte ». Sa question, c'est « c'est qui ».
Votre page dealbooks est là pour répondre à celle-là. Elle est indexée par Google, c'est-à-dire enregistrée dans ses résultats, où elle peut ressortir quand quelqu'un tape votre nom. Elle est aussi lue par les IA type ChatGPT ou Perplexity, qui piochent dans ces mêmes pages pour répondre.
Un mot là-dessus, parce que ça évite une déception. Google ne découvre pas une page le jour où elle est créée : il faut qu'il passe dessus, qu'il la range, qu'il décide où la classer. Comptez plusieurs semaines, parfois quelques mois. C'est vrai pour n'importe quelle page nouvelle sur le web. Si vous venez de créer la vôtre et qu'elle n'apparaît pas encore, ce n'est pas qu'elle est mal faite : c'est qu'elle est récente.
Ce qui accélère les choses, c'est justement tout ce dont on va parler ensuite : une page vers laquelle des liens pointent et sur laquelle des gens arrivent est une page que Google prend plus vite au sérieux. Vos partages ne servent pas qu'à amener des lecteurs. Ils aident aussi votre page à exister aux yeux du moteur.
Et une fois qu'elle est installée, elle y reste. C'est un des rares endroits où le temps travaille pour vous plutôt que contre vous : contrairement à une publication qui meurt en quelques heures, une page indexée continue de vous amener du monde des mois, des années plus tard.
Votre bio : la seule page qui parle de vous
Vous en avez une, forcément : sans elle, votre page ne serait pas en ligne. Et pour beaucoup d'entre vous, elle est déjà travaillée. Ce point n'est donc pas une corvée à cocher, c'est une relecture avec une question précise en tête : est-ce que ma bio répond à « c'est qui » ?
Parce qu'il y a un réflexe très naturel, et très répandu, qui consiste à remplir ce champ avec le résumé de son dernier livre. On a le texte sous la main, il est déjà écrit, il est bon. C'est tentant.
Le problème, c'est qu'un résumé parle du livre, pas de vous. Le lecteur qui arrive vient justement de voir une couverture ou une quatrième de couverture : il connaît déjà l'histoire. Ce qu'il ne sait pas, c'est qui l'a écrite. Et il y a un piège dans le temps. Une bio bâtie autour d'un titre vieillit avec lui : deux ans et trois romans plus tard, elle parle encore du même livre. Vous, vous avez avancé. Elle, non.
Trois choses font une bonne bio d'auteur.
- Ce que vous écrivez, et pour qui. Pas votre CV : votre territoire. « J'écris des thrillers qui se passent dans le Nord, avec des flics fatigués et de la pluie » en dit plus long que trois paragraphes de généralités. Le lecteur doit pouvoir se dire « ça, c'est pour moi » ou « ce n'est pas pour moi ». Les deux sont utiles.
- D'où ça vient. Ce qui vous a mené à écrire ce que vous écrivez. Un métier précédent, une obsession, une région, une rencontre. C'est ce qui vous distingue de l'auteur d'à côté qui fait le même genre. Et c'est ce qu'aucun catalogue ne saura jamais dire à votre place.
- Un peu de vous. Une ligne suffit. Ce que vous lisez, ce que vous faites quand vous n'écrivez pas, ce qui vous fait rire. C'est souvent ce détail-là que les lecteurs retiennent et citent quand ils parlent de vous à quelqu'un d'autre.
Reste la question de la personne. Vous avez sans doute remarqué que les bios d'auteurs sont souvent à la troisième personne : « Untel est né en 1974 et se passionne pour... ». C'est l'usage dans l'édition, et il a une raison d'être : dans un catalogue ou sur un rabat de couverture, ce n'est pas l'auteur qui parle, c'est son éditeur qui le présente.
Ici, le contexte est différent : votre page, c'est vous qui l'écrivez, et le lecteur le sait. Les deux formes fonctionnent, à condition de savoir ce que chacune produit. La troisième personne donne un ton posé, un peu officiel. Elle convient bien si vous écrivez de la non-fiction, des essais, ou si vous tenez à une certaine réserve. La première personne rapproche. Sur une page dont tout l'intérêt est de faire exister quelqu'un derrière les couvertures, elle fait souvent gagner en chaleur ce qu'elle perd en solennité.
Si vous hésitez, essayez les deux versions du même paragraphe et lisez-les à voix haute. Celle qui vous ressemble le plus est la bonne. C'est vous qu'on vient rencontrer.
En pratique : relisez la vôtre à voix haute. Si vous vous ennuyez avant la fin, votre lecteur aussi. Cinq minutes de retouche, une fois, et c'est réglé pour longtemps. C'est dans Mon profil.
Vos livres : deux détails qui changent leur trajectoire
Vos livres sont sur votre page, avec leur couverture et leur description. Il y a deux réglages qu'on remplit vite au moment de l'ajout, et qui décident pourtant de tout ce qui arrive ensuite à ce livre sur le site.
Le premier, c'est le genre, parce qu'il décide dans quels rayons on vous croise. Sur dealbooks, un lecteur qui s'intéresse à un genre a deux rayons à sa disposition. Le premier montre les promos en cours dans ce genre. C'est le plus visité, mais votre livre n'y apparaît que pendant votre offre : la promo se termine, il en sort. Le second montre tous les livres du genre, promo ou pas. Celui-là ne s'arrête jamais. Votre roman y figure aujourd'hui, il y figurera dans un an, et il continue d'être découvert entre deux promotions, c'est-à-dire la grande majorité du temps.
Ce sont deux pages permanentes, indexées par Google, et votre catégorie décide si vous y êtes. C'est le réglage le plus rentable du site : trente secondes de vérification, et votre livre entre dans deux rayons où des lecteurs circulent tous les jours.
Vous allez peut-être trouver nos genres un peu larges. Vous écrivez de la romance historique, de la dark romance ou du cosy mystery, et vous ne voyez que « Romance ». C'est volontaire, et ça n'a rien à voir avec ce que vous connaissez sur Amazon. Là-bas, les sous-catégories très fines servent à un classement : on cherche la niche la moins encombrée pour décrocher un « n°1 des ventes » dans un rayon où personne ne va. C'est une tactique de vendeur, et elle a son utilité.
Ici, il n'y a pas de classement à grimper. La catégorie ne sert qu'à vous mettre sur le chemin de quelqu'un qui flâne, et un grand rayon est plus fréquenté qu'un petit. Les lectrices de romance paranormale passent par le rayon romance ; l'inverse n'est pas vrai. Quant à la précision, elle n'est pas perdue : elle voyage dans votre titre et sur votre couverture. Un roman dont le titre annonce « une romance paranormale sombre de loup-garous » dit exactement ce qu'il est, quel que soit le rayon où il est rangé. C'est là que se fait le tri, pas dans l'étiquette.
En pratique : ouvrez votre liste de livres dans votre espace auteur et vérifiez le genre de chacun. Si vraiment aucun ne convient, « Autres » existe, mais réfléchissez-y à deux fois : c'est le rayon le moins fréquenté du site, et un livre y perd sa chance d'être croisé par hasard.
Le second réglage, votre description, joue ailleurs. Sur les pages de genres, le lecteur ne voit que des couvertures : c'est elle qui décide s'il clique. La description ne se lit qu'après, sur la page dédiée à votre livre. Mais à ce moment-là, il est déjà intéressé, et elle a un vrai travail à faire. Relisez la vôtre en vous demandant si elle donne envie de cliquer sur « Voir sur Amazon », ou si elle se contente de raconter l'histoire.
Et petit rappel au passage : le jour où vous ajoutez un nouveau livre, vos abonnés reçoivent un mail. Un livre ajouté, ce n'est pas juste une ligne de plus dans votre catalogue : c'est une occasion de reprendre contact avec eux.
L'extrait : trois pages qui décident tout
Imaginez une libraire qui vous présente un roman. Elle vous parle de l'auteur, du genre, elle vous montre la couverture. Et puis elle vous le tend, et vous en lisez trois pages debout, dans le rayon. Vous savez exactement ce qui se passe à ce moment-là. Soit vous refermez le livre poliment, soit vous ne le lâchez plus.
C'est ça, un extrait. C'est le seul endroit où votre écriture plaide sa cause toute seule, sans passer par une couverture, un résumé ou un prix.
Un lecteur qui hésite entre votre roman et trois autres tranche presque toujours au hasard : sur une couverture, sur un titre, sur une remise. Vous savez pourtant que votre force est ailleurs : elle est dans votre façon d'écrire. Sauf qu'il n'a aucun moyen de la connaître avant d'avoir payé. L'extrait supprime ce mur. Et le lecteur qui clique ensuite vers Amazon ne clique pas par curiosité : il clique parce qu'il veut la suite. C'est une différence énorme au moment de l'achat.
Il y a un autre effet, moins visible mais durable. Votre extrait est la page la plus riche de tout votre espace sur dealbooks : du texte long, unique, écrit par vous et qui n'existe nulle part ailleurs sur le web. C'est exactement ce que Google et les IA cherchent, et c'est donc la page qui a le plus de chances de vous amener des lecteurs que vous n'avez pas cherchés. Et bien sûr, le jour où vous le publiez, vos abonnés reçoivent un mail.
Reste à choisir le passage, et c'est la seule vraie question. Elle bloque plus de monde qu'on ne croit. Trois repères simples.
- Prenez un morceau qui tient debout tout seul. Le lecteur ne sait rien de votre histoire. Un passage qui suppose de connaître trois personnages et un retournement du chapitre 8 ne fonctionnera pas, aussi bon soit-il.
- Ne prenez pas forcément le tout début. C'est le réflexe automatique, et parfois c'est le bon. Mais beaucoup de romans commencent par de la mise en place : un décor, un réveil, une arrivée en ville. Si votre premier chapitre est un échauffement, sautez-le. Vous n'êtes pas obligé de suivre l'ordre du livre.
- Arrêtez-vous là où ça fait mal. Un extrait ne doit pas finir sur une conclusion propre. Il doit finir au moment où le lecteur veut savoir ce qui va se passer. Coupez juste avant la réponse.
Concrètement, ça prend un quart d'heure. Comptez entre 2 000 et 4 000 mots, l'équivalent d'un chapitre. On parle de « trois pages » par habitude, celles qu'on lit debout dans une librairie, mais en ligne il en faut un peu plus : le lecteur n'a pas le livre en main, il faut lui laisser le temps d'entrer dans votre écriture.
Le texte, vous l'avez déjà. Vous ouvrez votre manuscrit, vous copiez le passage, vous le collez, vous publiez. Il n'y a rien à écrire, rien à réécrire, rien à mettre en forme. Un chapitre que vous avez retravaillé quinze fois passe deux minutes à être copié/collé, l'extrait est là, et il travaille pour vous pendant des années.
Reste une crainte, celle qui retient le plus d'auteurs : « et si je donne trop ? » Elle mérite une vraie réponse : non, vous ne perdez pas de vente en donnant un chapitre. Un lecteur qui lit votre extrait et n'achète pas n'aurait pas acheté de toute façon : vous ne perdez rien, il n'était pas pour vous. Un lecteur qui lit votre extrait et achète, lui, achète en connaissance de cause : il ne sera pas déçu, plus enclin à laisser un avis, et plus susceptible de revenir pour le tome suivant.
Amazon l'a compris depuis longtemps, d'ailleurs : le bouton « Aperçu » existe sur chaque fiche. La question n'est pas de savoir s'il faut laisser lire. C'est de savoir si vous choisissez vous-même le passage, ou si vous laissez le hasard le faire à votre place.
En pratique : l'extrait se publie depuis la fiche du livre concerné, dans vos livres.
Votre visage et vos liens : ce qui transforme une fiche en personne
Deux derniers réglages, et on passe à la partie intéressante. Ils prennent trois minutes à eux deux, et ils font plus de travail qu'on ne l'imagine.
Une page sans visage se lit comme une notice. Avec un visage, on rencontre quelqu'un. Ce n'est pas une question d'esthétique, c'est une question de mémoire : on retient un auteur qu'on a vu, on oublie un nom qu'on a lu. Alors si vous êtes à l'aise avec votre photo, mettez-la. Pas besoin d'un portrait de professionnel : nette, on voit vos yeux, vous avez l'air d'être vous. Celle de vos réseaux fera parfaitement l'affaire, et elle a même un avantage : le lecteur qui vous suit ailleurs vous reconnaît du premier coup d'œil.
Mais tout le monde n'écrit pas sous son propre visage, et c'est un choix qui se respecte. Pseudonyme, vie privée, genres qu'on préfère cloisonner : les raisons sont nombreuses et légitimes. Dans ce cas, ne laissez pas la case vide pour autant : un logo d'auteur fonctionne très bien. Un monogramme, votre signature stylisée, un symbole qui revient sur vos couvertures. Ça ne crée pas le même lien qu'un visage, mais ça fait le second travail, celui de la reconnaissance : le lecteur qui recroise ce logo sur une couverture, dans un rayon ou sur un réseau sait immédiatement que c'est vous. Et ça donne à votre page un air construit, plutôt qu'un air inachevé.
Le seul cas à éviter, c'est la case vide. Elle ne protège rien et elle ne raconte rien.
Vos liens, ensuite. Site, réseaux, page Amazon : chacun de ces champs ajoute une porte de sortie vers vous. Et ce sont des portes qui fonctionnent dans les deux sens. Dans un sens, c'est évident : quelqu'un découvre votre page, il aime ce qu'il lit, il va voir votre Instagram. Vous venez de gagner un abonné ailleurs, sans rien faire.
Dans l'autre sens, c'est moins connu et ça vaut le détour. Si vous avez un site d'auteur, ajoutez-y un lien vers votre page dealbooks. Google fonctionne beaucoup par recommandation : une page vers laquelle d'autres sites pointent est une page qu'il prend au sérieux, et qu'il montre plus volontiers à ceux qui cherchent votre nom. Deux liens qui se répondent valent mieux qu'un lien isolé, et vos deux pages en profitent.
Et si vous animez une newsletter, ajoutez-la aussi. Elle apparaîtra sur votre page, et un lecteur qui vient de finir votre extrait est exactement la personne à qui vous voulez proposer de s'y inscrire. C'est le seul canal que personne ne peut vous retirer : ni un algorithme, ni une plateforme, ni nous.
En pratique : photo, liens et newsletter se règlent dans Mon profil.
Bio relue, livres bien rangés, extrait publié, visage et liens en place. Vous avez maintenant une adresse qui tient debout : quelqu'un qui y arrive comprend qui vous êtes, voit ce que vous écrivez, peut vous lire avant d'acheter et vous suivre s'il en a envie. Reste la deuxième moitié du travail, celle dont personne ne parle jamais : y amener du monde.
C'est tout l'objet de ce qui suit. Six endroits où poser votre lien, ce qu'il faut écrire à côté, et le bon moment pour le faire. Vous n'aurez pas à tous les faire : prenez ceux qui correspondent à votre façon de travailler. Mais chacun d'eux amènera des gens sur cette page, et certains y resteront.
Les six endroits où poser votre lien
1. La fin de vos ebooks
On commence par celui-ci, parce que c'est le plus puissant de la liste et le plus facile à mettre en place. Et pourtant c'est celui auquel on pense le moins.
Quelqu'un vient de terminer votre roman. Il est deux heures du matin, il est encore dedans, il vient de passer huit heures avec vos personnages. À cet instant précis, cette personne est plus disposée à vous suivre qu'elle ne le sera jamais.
Et que trouve-t-elle en tournant la page ? Le plus souvent : les remerciements, puis rien. Parfois un lien vers un autre de vos titres. C'est déjà bien, mais ça répond à une question qu'elle ne se pose pas encore, « qu'est-ce que j'achète ensuite ? », alors qu'elle se pose celle-ci : « c'est qui, cette personne, et qu'est-ce qu'elle fait d'autre ? »
Une page, avant les remerciements, avec votre lien et deux phrases suffit. Voici une idée de ce que ça peut donner.
Merci d'avoir lu jusqu'ici.
Si vous voulez découvrir mes autres livres, lire des extraits, ou simplement savoir quand le prochain sort, tout se trouve au même endroit : [votre lien].
Vous pouvez aussi m'y suivre, vous serez prévenu de mes prochaines sorties et de mes promos, sans avoir rien à faire.
À vous de la réécrire avec vos mots. Le seul point qui compte vraiment, c'est de dire ce qu'il y a au bout du lien. « Retrouvez-moi ici » ne donne envie à personne de cliquer. « Mes autres livres, des extraits, et un moyen d'être prévenu », si.
Pourquoi cette page plutôt qu'un lien Amazon ? Parce que votre lecteur est déjà sur Amazon : le livre qu'il vient de finir, il l'y a acheté. L'y renvoyer ne lui apprend rien de nouveau. Alors que sur votre page, il voit tout votre travail d'un coup, il peut lire le premier chapitre du tome suivant, et il peut s'abonner. Ce qui veut dire que dans six mois, quand vous publierez, vous n'aurez pas à le retrouver : il sera prévenu. C'est là toute la différence. Un lien Amazon transforme un lecteur en acheteur potentiel. Votre page transforme un lecteur en lecteur qui revient.
Le détail qui compte : placez cette page avant les remerciements, pas après. Beaucoup de liseuses considèrent le livre comme terminé dès la fin du récit et proposent aussitôt de le noter ou de passer au suivant. Ce qui vient après les remerciements, très peu de gens le voient.
Et pour le reste, ne vous compliquez pas la vie : écrivez cette page une fois, gardez-la de côté, et glissez-la dans chaque nouveau livre au moment de la publication. Pour vos titres déjà en ligne, inutile de tout reprendre d'un coup : vous l'ajouterez naturellement la prochaine fois que vous toucherez au fichier. Commencez par celui qui se vend le mieux, c'est celui qui a le plus de lecteurs à vous ramener.
Si vous écrivez des séries, cette page vaut de l'or à la fin du tome 1. Le lecteur qui referme votre premier tome est précisément celui qui veut la suite. Un lien vers votre page auteur, où il trouvera les tomes suivants et leurs extraits, fait mieux que tout ce que vous pourriez lui vendre en une ligne.
2. Le lien dans vos bios de réseaux
Celui-ci prend deux minutes et ne se refait jamais. Si vous ne deviez en retenir qu'un de tout ce guide, ce serait probablement celui-là.
Quelqu'un voit passer une de vos publications, il accroche, il clique sur votre profil. C'est le réflexe universel : on veut savoir qui a écrit ça. Cette personne est en train de se demander si vous valez le coup d'être suivie, et vous avez une ligne pour lui répondre.
Regardez ce qu'il y a dans votre bio aujourd'hui. Si c'est un lien vers un livre, il ne parle que d'un titre sur les cinq que vous avez écrits. Si c'est un lien vers une promo, il pointe peut-être déjà vers une offre terminée. Et si c'est vide, le visiteur curieux repart avec sa curiosité.
Autrice de thrillers · Tous mes livres et extraits ici 👉 [votre lien]
Ou, pour une bio qui a plus de place :
J'écris des polars qui se passent dans le Nord.
Mes livres, des extraits à lire, et mes prochaines sorties : [votre lien]
Le mot qui fait travailler cette ligne, c'est « extraits ». « Mes livres » envoie un signal commercial : le visiteur comprend qu'on va lui vendre quelque chose, et il hésite. « Des extraits à lire » propose l'inverse : quelque chose de gratuit, immédiat, sans engagement. On clique bien plus volontiers sur une promesse de lecture que sur une promesse d'achat.
Le vrai avantage, c'est que vous n'y toucherez plus jamais. Nouveau roman, nouvelle promo, nouvel extrait : votre page se met à jour toute seule, et le lien de votre bio reste juste. Deux minutes une fois, et le sujet est réglé. Et surtout, la personne qui arrive là vient de vous découvrir. C'est précisément le profil qui s'abonne, bien plus qu'un lecteur venu par hasard chercher un bon plan.
Le détail qui compte : faites-le partout où vous existez, en une seule session. Instagram, Threads, Facebook, Bluesky, TikTok, X, votre profil Babelio, votre serveur Discord. Vous ouvrez chaque profil, vous collez, vous fermez. Un quart d'heure pour l'ensemble, et c'est fait pour de bon. Si vous utilisez un service de type Linktree pour rassembler vos liens, ajoutez-y votre page dealbooks, et placez-la haut dans la liste, pas en dernière position sous trois liens morts.
Et pendant que vous y êtes, faites le chemin inverse. Dans Mon profil, renseignez vos réseaux : ils apparaîtront sur votre page. Un lecteur qui vous découvre sur dealbooks pourra aller vous suivre sur Instagram, exactement comme celui d'Instagram vient de découvrir votre page. Les deux se nourrissent, et vous n'avez rien à faire de plus une fois que c'est en place.
3. Quand vous annoncez une promo
Celui-ci ne vous demande aucun travail supplémentaire. Vous le faites déjà : il s'agit juste de changer la destination.
Votre promo est validée, vous voulez le faire savoir. Vous ouvrez Instagram, vous préparez un visuel, vous écrivez trois lignes, vous collez le lien Amazon. Réflexe normal : vous annoncez un prix, vous envoyez vers l'endroit où on paie. Sauf que ce réflexe vient de la vente à l'unité, et vous, vous n'êtes pas en train de vendre un exemplaire. Vous êtes en train de faire savoir à des gens qui vous apprécient que quelque chose se passe chez vous.
📚 Mon roman [titre] est à 0,99 € jusqu'à dimanche.
Vous pouvez lire le premier chapitre avant de vous décider, c'est par ici : [lien de votre extrait]
La deuxième ligne fait tout le travail. Vous ne demandez pas un achat, vous proposez une lecture. Le lecteur hésitant clique, lit, et arrive sur Amazon décidé. Ou il ne clique pas, et vous n'avez rien perdu.
Pourquoi cette page plutôt qu'un lien Amazon ? Parce que la promesse est tenue immédiatement : le lecteur clique, il lit. Pas de détour, pas de page intermédiaire. Et à la fin de l'extrait, il a tout ce qu'il faut sous la main : le bouton vers Amazon s'il veut la suite, et un chemin vers votre page auteur s'il veut voir ce que vous écrivez d'autre. Celui qui achète achète décidé. Celui qui n'achète pas vient au moins de lire une page de vous, et il sait maintenant qui vous êtes.
Le détail qui compte : ne partagez pas la page d'accueil de dealbooks. C'est le geste le plus fréquent, il part d'une bonne intention, et il est perdu. L'accueil change tous les jours : dans une semaine, votre livre n'y sera plus, et le lien que vous avez partagé ne montrera plus rien de vous. C'est particulièrement dommage pour vos publications qui continuent de tourner encore. Partagez le lien de votre page auteur, de votre extrait ou de votre promo. Les trois vous appartiennent, les trois restent justes.
Et vous n'avez pas à chercher bien loin. Quand votre promo est validée, vous recevez un mail qui contient le lien de votre deal, ceux des publications faites sur nos réseaux, et des boutons de partage déjà pré-remplis. Pour récupérer le lien de votre extrait : ouvrez votre page auteur publique, cliquez sur l'extrait du livre concerné, et copiez l'adresse de la page qui s'ouvre. C'est celle-là que vous partagez.
Un dernier réflexe, et il rapporte gros. Ce mail vous indique aussi où votre promo a été relayée. Passez sur ces publications et interagissez : un commentaire, un partage, une réponse à quelqu'un qui pose une question. Ça prend trois minutes et ça a un double effet. Les lecteurs vous voient répondre, ce qui vous rend présent plutôt que promotionnel. Et les algorithmes de ces réseaux poussent une publication qui suscite des réactions : en réagissant, vous étendez la portée de votre propre annonce.
4. Les rencontres, les salons, les dédicaces
C'est le canal où vous avez le plus d'avance et où vous en tirez le moins.
Quelqu'un s'est arrêté devant votre table. Vous avez parlé cinq minutes, il a acheté votre roman, vous l'avez dédicacé. Il repart content, avec votre livre sous le bras. Trois mois plus tard, il l'a fini, il a adoré, et il se demande ce que vous avez écrit d'autre.
Là, deux scénarios. Soit il cherche votre nom et tombe sur des fiches de vente, souvent celle du livre qu'il a déjà, parfois d'occasion, avec des frais de port. Soit il a votre carte quelque part, et il découvre... ce que vous avez mis dessus, c'est-à-dire en général un site ou un réseau. Dans les deux cas, il ne voit pas l'essentiel : vos autres romans réunis, vos extraits à lire tout de suite, et un moyen d'être prévenu à votre prochaine sortie.
C'est le paradoxe des salons. C'est le seul endroit où l'on vous rencontre vraiment, où l'on retient votre visage et votre voix, et c'est souvent celui d'où l'on repart avec le moins de choses à découvrir ensuite.
La réponse tient en un QR code. Vous le trouvez dans votre espace auteur, bouton Mon QR code en haut de la page. Il pointe vers votre page auteur, vous le téléchargez en un clic. Ensuite, trois supports possibles.
- Sur un marque-page, glissé dans chaque exemplaire vendu. C'est le support idéal : il reste dans le livre, il ressort au moment où on le lit, et il ne finit pas à la poubelle avec les flyers.
- Sur un chevalet posé sur votre table. Un petit cadre avec le QR code et une ligne : « Mes livres, des extraits à lire, mes prochaines sorties ». Les gens qui n'osent pas vous parler le scannent en passant.
- Sur vos cartes, si vous en avez déjà. Vous n'avez pas besoin d'en refaire un jeu complet : au prochain retirage, remplacez le lien qui s'y trouve par celui de votre page, ou ajoutez simplement le QR code.
Et quand vous dédicacez, vous pouvez le dire simplement : « il y a un marque-page dans le livre, avec un lien vers tous mes autres romans et des extraits, vous serez prévenu si j'en sors un nouveau. » Une phrase, à la fin d'un échange déjà chaleureux. Personne ne la prendra mal.
Un QR code vers une fiche produit, c'est un vendeur qui vous relance. Un QR code vers votre page, c'est un auteur qui vous laisse son adresse. Ce n'est pas le même geste, et le lecteur le sent. Et parce qu'un lien vers un seul livre périme dès votre prochaine sortie, alors que ces marque-pages, eux, continueront de circuler pendant des années.
Le principe vaut aussi hors salon. Vous n'en faites pas ? Il fonctionne partout où l'on vous rencontre en vrai : un club de lecture, une intervention en médiathèque, un atelier d'écriture, une rencontre en librairie, et même une conversation où quelqu'un vous demande ce que vous écrivez. À chaque fois, quelques personnes repartent en se disant qu'elles vous liront. Un marque-page dans la poche, et elles savent où aller.
Le détail qui compte : testez le QR code avant d'imprimer. Ça paraît évident, ça ne l'est pas : imprimez-en un sur une feuille, scannez-le avec votre téléphone, vérifiez que vous atterrissez bien sur votre page. Trois cents marque-pages avec un code illisible à cause d'une impression de mauvaise qualité, c'est une déception qu'on ne rattrape pas. Et laissez le lien lisible à côté : certains lecteurs n'utilisent pas les QR codes, ou n'ont pas leur téléphone en main à ce moment-là.
5. Les endroits qui travaillent sans vous
Ces trois-là ne demandent rien d'autre qu'une mise en place. Une fois faits, ils continuent tout seuls, sans que vous ayez jamais à y repenser.
Votre signature d'e-mail, d'abord. Vous écrivez à un lecteur qui vous a contacté, à une blogueuse, à un correcteur, à une libraire, à l'organisatrice d'un salon. Que vous en envoyiez trois par mois ou trois cents par an, c'est autant d'occasions où votre nom apparaît sans que rien ne dise où vous trouver.
Solène Kerdec, autrice
Mes livres et mes extraits : [votre lien]
Ça se paramètre une fois dans Gmail, Outlook ou Apple Mail, et c'est terminé. Deux minutes. Et c'est plus fort qu'on ne croit : les gens à qui vous écrivez ne sont pas des lecteurs anonymes, ce sont des libraires, des organisateurs, des chroniqueurs, des confrères. Des gens qui, s'ils accrochent, peuvent parler de vous à cent personnes. Leur donner un endroit propre où découvrir votre travail, c'est autrement plus utile que de leur faire chercher votre nom sur Google.
Votre site d'auteur, ensuite, si vous en avez un. Vous y avez mis vos livres avec des liens vers Amazon. Ce que vous pouvez ajouter : un lien vers votre page dealbooks, dans votre menu, votre pied de page, ou votre page « Mes livres ».
Et là, un mot sur quelque chose qui n'est pas évident quand on ne fait pas de web. Google décide de la place d'une page en regardant, entre autres, qui pointe vers elle. Une page vers laquelle plusieurs sites font des liens est jugée plus sérieuse qu'une page isolée. C'est le principe de la recommandation : si d'autres vous citent, c'est que vous existez. Concrètement, quand votre site pointe vers votre page dealbooks et que votre page dealbooks pointe vers votre site, vous ne créez pas un lien : vous créez un petit réseau autour de votre nom. Les deux pages se renforcent, et toutes les deux ont plus de chances de sortir quand quelqu'un vous cherche.
Ne remplacez rien : ajoutez. Votre site reste votre site, votre vitrine principale. La page dealbooks est un relais, et elle a deux choses que votre site n'a probablement pas : le bouton « Suivre » qui prévient vos lecteurs à chaque nouveauté, et le passage de gens qui ne vous cherchaient pas.
Et si vous n'avez pas de site ? Commencez par votre page dealbooks : elle regroupe vos livres, affiche vos extraits, prévient vos abonnés à chaque nouveauté, et elle est indexée. Vous avez déjà une adresse qui fonctionne, aujourd'hui, sans rien monter. Et si vous décidez plus tard de créer votre site, ce ne sera pas redondant : les deux ne font pas le même travail. Votre site, c'est chez vous : vous y mettez ce que vous voulez, votre univers, vos coulisses, votre carnet d'écriture, et il vous appartient entièrement. Votre page dealbooks, c'est là où passent des lecteurs qui ne vous cherchaient pas, et où ils peuvent s'abonner pour être prévenus la prochaine fois. L'un vous donne un territoire, l'autre vous amène du passage.
Et si vous tenez un Substack, vous avez déjà réglé le plus dur : une adresse et une liste de lecteurs qui vous appartiennent, sans algorithme entre vous et eux. Deux gestes, dans les deux sens. Ajoutez votre page dealbooks à votre page « À propos » et en pied de vos publications : c'est là que vos abonnés trouveront tous vos livres réunis et vos extraits, ce qu'un Substack ne fait pas naturellement. Et renseignez l'adresse de votre Substack dans votre profil, pour qu'elle apparaisse sur votre page, car un lecteur qui vient de finir votre extrait est exactement la personne prête à s'y abonner. C'est la même logique que pour un site, avec un avantage en plus : chacune de vos publications est une occasion de rappeler le lien, sans que ça ressemble à de la promotion.
6. Les endroits où les lecteurs parlent de livres
Celui-ci est le plus délicat des six, et c'est aussi celui qui peut vous rapporter le plus. Il demande juste d'y aller dans le bon esprit.
Il existe des groupes Facebook, des serveurs Discord, des forums, des communautés Babelio où des lecteurs discutent de romans toute la journée. Ce sont exactement les gens que vous cherchez : des lecteurs actifs, curieux, qui recommandent ce qu'ils aiment. Et c'est aussi l'endroit où l'on repère un auteur en promo à trois kilomètres.
Un groupe de lecteurs, ce n'est pas un panneau d'affichage. Les membres y viennent pour parler entre eux, et ils tolèrent mal qu'on vienne y déposer un lien avant de repartir. Un auteur qui débarque, poste sa promo et disparaît obtient au mieux l'indifférence, au pire une exclusion.
La bonne façon d'y exister est plus lente et beaucoup plus efficace : participez d'abord comme lecteur. Répondez aux questions, recommandez des romans que vous avez aimés, y compris ceux des autres. Racontez ce que vous lisez en ce moment. En quelques semaines, vous devenez quelqu'un du groupe. À partir de là, tout devient naturel. Quand vous parlerez de votre propre livre, ce ne sera plus une intrusion publicitaire : ce sera une information venant de quelqu'un qu'on connaît.
Voici ce que ça peut donner, quand quelqu'un demande une recommandation qui correspond à ce que vous écrivez :
« Si tu cherches du polar rural, j'en écris justement, le premier chapitre est lisible ici si tu veux voir si ça te parle : [lien de votre extrait]. Et sinon, dans le même genre, je te conseille vraiment [autre roman], il est excellent. »
Deux choses rendent ce message acceptable partout. Vous proposez une lecture, pas un achat : l'extrait fait toute la différence, c'est gratuit et sans engagement. Et vous recommandez aussi quelqu'un d'autre, ce qui prouve que vous répondez à la question posée plutôt que de faire votre promotion.
Le détail qui compte : lisez les règles du groupe avant de publier quoi que ce soit. Beaucoup interdisent l'autopromotion, certains la tolèrent un jour précis de la semaine, d'autres ont un fil dédié. Ces règles existent parce que les membres y tiennent, et les respecter, c'est déjà se faire bien voir. Et si un groupe interdit strictement tout lien vers ses propres livres, ce n'est pas perdu pour autant : votre nom apparaît à chaque message que vous écrivez. Un lecteur curieux ira voir qui vous êtes, et il vous trouvera.
Un mot enfin sur l'entraide entre auteurs. Il existe aussi des groupes d'auteurs autoédités, et ils sont précieux, mais pour autre chose. On n'y vend pas, on y apprend : les questions KDP, les couvertures, les corrections, les salons. Les autres auteurs ne sont pas votre lectorat, ils sont vos collègues. C'est une distinction qui évite beaucoup de temps perdu et quelques malentendus.
Si vous ne faites que deux choses
Vous venez de lire six idées. Personne ne les met toutes en place le même jour, et ce n'est pas le but. Alors si vous fermez cet article et que vous n'en gardez que deux, prenez celles-ci.
Deux minutes, tout de suite : le lien dans vos bios. Vous ouvrez Instagram, Threads, Facebook, Bluesky, partout où vous êtes. Vous remplacez ce qu'il y a par le lien de votre page, avec une ligne qui dit ce qu'on y trouve : « Mes livres, des extraits à lire, mes prochaines sorties. » C'est le geste le plus rentable de tout ce guide. Il ne demande rien d'autre qu'un copier-coller, il n'aura plus jamais besoin d'être mis à jour, et il travaille à partir de la minute où vous le posez.
Un quart d'heure, quand vous avez un moment : votre extrait. Vous ouvrez le manuscrit de votre livre le plus lu. Vous choisissez un chapitre qui tient debout tout seul et qui s'arrête au mauvais moment. Vous copiez, vous collez, vous publiez. C'est du texte que vous avez déjà écrit et retravaillé. Il ne demande aucune création. Et il devient l'endroit où votre écriture peut convaincre toute seule quelqu'un qui hésitait, ce qu'aucune couverture, aucun résumé et aucune promotion ne feront à votre place.
Le reste s'ajoutera naturellement, à mesure que les occasions se présentent. À votre prochaine promo, partagez le lien de votre extrait plutôt que celui d'Amazon. À votre prochain salon, glissez un marque-page avec votre QR code dans les exemplaires vendus. La prochaine fois que vous mettez un ebook à jour, ajoutez-y la page de fin. Rien de tout ça ne demande d'y consacrer une journée : ce sont des gestes qui viennent se greffer sur ce que vous faites déjà.
Et rappelez-vous pourquoi vous faites tout ça. Ce n'est pas pour gonfler un chiffre. C'est pour que le jour où vous publierez votre prochain roman, vous n'ayez pas à repartir de zéro. Pour que les gens qui vous ont aimé une fois puissent vous retrouver sans effort, et être prévenus sans que vous ayez à les rechercher un par un.
Chaque lien que vous posez aujourd'hui est un lecteur de plus qui saura où vous trouver dans deux ans.
Un dernier mot, si vous voulez aller plus loin
Certaines des choses évoquées ici demandent un coup de main : une couverture qui accroche dans un rayon, un logo d'auteur, une mise en page soignée, une relecture avant publication, un site à votre nom.
Nous référençons des prestataires du monde du livre sur dealbooks : correcteurs, illustrateurs, maquettistes, créateurs de sites d'auteur, traducteurs, narrateurs audio, et tout ce dont un livre a besoin avant d'exister. Vous pouvez les consulter librement et les contacter directement, sans intermédiaire et sans commission de notre part.
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